Le bonus réparation, c'est quoi ?

Avec l’essor de la fast-fashion et l’utilisation toujours plus réduite des vêtements, l’industrie du textile a un impact colossal sur l’environnement, en particulier en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation d’eau (pour la culture des matières premières, le traitement des tissus, etc.).
On estime que plus de 700 mille tonnes de vêtements sont jetés chaque année en France. Et on parle de plus de 100 milliards de tonnes à l’échelle mondiale, ce qui fait de l’industrie du textile l’une des plus polluantes de la planète.
Depuis 2020, pour répondre à ces problématiques environnementales, le gouvernement français a mis en place la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire). Cette loi constitue un cadre dont l’objectif est de réduire la production de déchets et de promouvoir une économie circulaire en favorisant le réemploi dans tous les domaines.
La loi AGEC consiste en un ensemble de mesures concrètes favorisant l’écologie et la préservation des ressources, elle inscrit la transition écologique dans le tissu économique. La lutte contre le gaspillage alimentaire, la fin du plastique jetable et l’allongement de la durée de vie des produits sont ses mots d’ordre. Quelques exemples notables sont :
- Interdiction de la destruction des invendus par les producteurs et metteurs en marché en France.
- Mise en ligne d’un outil d’évaluation environnemental gratuit nommé Ecobalyse. Ce simulateur pédagogique permet de calculer l’impact environnemental d’un vêtement d’après un ensemble de paramètres correspondant aux différentes étapes de son cycle de vie.
C’est dans ce cadre, depuis décembre 2022, que le Bonus Réparation a été mis en place, dans un premier temps pour les produits électroménagers, puis a été étendu au textile fin 2023, pour les vêtements comme pour les chaussures.
Depuis sa mise en place, plus de 154 millions d’euros ont été alloués au Bonus Réparation, qui est intégralement financé par les éco-organismes agréés par l’Etat, tels que **Refashion pour le textile, ou Ecosystem et Ecologic pour l’électroménager. De la même manière, le projet repose sur plus de 13 millions d’euros de Bonus financés par les marques éco-contributrices.
Pour cela, la loi AGEC s’appuie sur le principe du « pollueur-payeur« , en obligeant les producteurs, les importateurs et les distributeurs des filières REP (Responsabilité Élargie des Producteurs) à prendre des engagements concrets quant à la nature et au cycle de vie de leurs produits. Ces filières voient d’ailleurs régulièrement leur nombre augmenter avec l’intégration récente des jouets, articles de sports et loisirs, de bricolage et jardin, les matériaux et produits du bâtiment.
Alors que ce principe de responsabilité élargie s’applique déjà depuis longtemps dans la filière textile (TLC – Textiles Linge de maison et Chaussures), les mesures récentes de la loi AGEC vont permettre à la mode durable de faire un bond en avant.
Comment ? En contraignant les plus grandes entreprises à optimiser le cycle de vie des articles de manière concrète et vérifiable, sous peine de sanctions. Se dédouaner en versant une part d’éco-contribution ne suffira plus à respecter le cadre légal.
En quoi consiste le Bonus Réparation ?
Besoin de réparer la semelle de vos chaussures ou de rapiécer un trou dans un vêtement ? Rendez-vous chez un des 1 500 réparateurs labellisés en France et une réduction sera appliquée directement sur votre ticket de caisse et/ou facture. Le concept est le même pour la réparation de certains produits électroménagers.
Le montant de la réduction varie en fonction de la complexité de la réparation à effectuer. Par exemple, vous obtiendrez 7 € de réduction pour une déchirure ou encore 25 € pour le changement complexe d’une doublure. S’il y a plusieurs réparations à faire sur un même vêtement, les réductions peuvent se cumuler mais ne peuvent dépasser 60% du prix initialement prévu pour la facture.
Les différentes réductions proposées dans le cadre du bonus réparation ne peuvent être mises en œuvre que si le coût de la réparation est d’au moins 12 €.
Attention, seules les réparations sont concernées par le Bonus Réparation; il ne s’applique pas à de simples retouches telles que le rajout d’un ourlet sur un pantalon.
Voici les articles éligibles au bonus réparation :
- les vêtements (hors vêtements en cuir ou en vraie fourrure),
- les chaussures,
- la lingerie,
- le linge de maison.
En résumé, pour bénéficier du Bonus Réparation :
- Tout d’abord, vérifiez si votre vêtement/appareil à réparer est éligible.
- Ensuite, trouvez un réparateur labellisé (via QualiRépar pour l’électroménager et Refashion pour le textile).
- Enfin, déposez le vêtement/appareil chez le réparateur.
- Après réparation, vous n’aurez à payer que le montant restant après déduction du bonus réparation.
Et voilà !
Ainsi , le Bonus Réparation est une aide concrète pour réduire les déchets et promouvoir une consommation plus responsable, et c’est un excellent système gagnant-gagnant :
- d’une part, il vous permet de faire des économies tout en participant à la réduction des déchets,
- d’autre part, il contribue à revaloriser le savoir-faire des artisans en ramenant vers eux une clientèle qui n’était plus vraiment au rendez-vous depuis ces 20 dernières années. La liste des réparateurs textile participants est disponible sur le site de Refashion.
Encourager la réparation plutôt que le remplacement, c’est un geste pour l’environnement et pour notre porte-monnaie !
**Refashion est un éco-organisme, c’est-à-dire une société privée à but non lucratif agréée par les pouvoirs publics, qui collecte et redistribue l’éco-contribution versée par les entreprises de la filière du Textile, de la Lingerie et des Chaussures.
Refashion met en œuvre la politique du Ministère de la Transition Écologique dans le cadre de la loi AGEC en proposant des outils, services et informations qui facilitent et accélèrent la transformation de la Filière. Ils interviennent à toutes les étapes du cycle de vie pour accompagner les acteurs de la filière vers l’économie circulaire.

